Concepts de base de l’analyse interculturelle - composante cult nat, stéréotype et grille d'analyse

Concepts de base de l’analyse interculturelle - composante cult nat, stéréotype et grille d'analyse

I. Composant d’une culture nationale

Parler d’analyse interculturelle en communication internationale impose de connaitre, de comprendre et de respecter les normes et le comportement variés et souvent contradictoire des cultures internationales.

L’analyse interculturelle a évolué avant et pendant le processus de la globalisation. Les frontières physiques et institutionnelles ont disparu laissant la place, dans un contexte international, à une approche globale de chaque territoire.

Les cultures ont suivi le mouvement passant de culture nationale voire internationale à une culture globale faite de métissage culturel intégrant des éléments propres à chaque culture et entrainant l’abolition progressive des frontières et des différences.

On peut ainsi parler de métissage culturel, la culture étant la résultante de multiples courants culturels.

L’analyse interculturelle impose au préalable de clarifier les éléments qui composent l’identité de la culture du pays concerné. Cette culture étant liée aux traditions existantes, au patrimoine commun et à la « culture populaire » bien connu des touristes.

1.   Les différents niveaux de composantes

Il y a plusieurs niveaux de composantes :

  • L’histoire : toutes les nations se construisent en créant des institutions économiques, politiques, éducatives qui prennent appuis sur son contexte historique,
  • Le climat : dans certains pays la nature règle le cycle des activités,
  • Le langage: la langue nationale, le dialecte…Par exemple un japonais ne dit jamais non de façon formelle sauf dans le langage administratif. Il utilise d’autres modes pour le dire : silences, excuses, réponses vagues…etc,
  • Les croyances : issues de l’hérédité collective transmise de génération en génération,
  • La religion : dans certaines sociétés la religion est dominante et permettent de comprendre la société,
  • La famille: l’unité familiale est différente suivant les cultures…

II. Stéréotypes et préjugés

La description d’une culture est souvent assortie de stéréotypes, de préjugés, voire de « clichés ».

Un stéréotype est un cliché, une opinion toute faite, une caractérisation symbolique ou schématique d’un groupe.

Un préjugé est un jugement sur quelqu’un ou sur quelque chose qui est formé à l’avance selon certains critères personnels et qui oriente, en bien ou en mal, les dispositions d’esprit à l’égard de cette personne ou de cette chose. C’est une opinion adoptée sans examen souvent imposée par le milieu ou l’éducation.

Les représentations que les peuples se font les uns des autres sont un des éléments fondamentaux de la communication interculturelle.

Ces représentations s'expriment souvent à travers les stéréotypes et les préjugés ethniques ou nationaux.

Ce sont des images schématiques, rudimentaires et simplificatrices, qui servent à caractériser une culture déterminée en quelques traits sommaires : physiques, psychologiques, moraux ou comportementaux.

La représentation que l'on peut se faire d'un étranger est un phénomène complexe faisant intervenir des éléments multiples et hétérogènes d'ordre cognitif, affectif, comportemental, idéologique ...etc.

Certains peuvent être préalables à toute rencontre : dans ce cas, ils sont liés aux images culturelles issues de l'histoire et transmises par le discours social, le milieu familial, les médias. C’est la forme la plus pure du préjugé.

Le préjugé est un jugement soit positif soit négatif, formulé par anticipation, sans expérience préalable, à propos d'un objet.  En ce sens, il peut être assimilé à un stéréotype.

Mais l’inverse n’est pas vrai : tout stéréotype n'est pas nécessairement un préjugé. 

Les deux notions sont donc distinctes même si elles se recoupent en partie.

A. Les mécanismes socio-cognitifs À l’origine de la formation des préjugés et des stéréotypes

Stéréotypes et préjugés s'inscrivent dans une tendance spontanée de l'esprit humain à la schématisation dans le but de garder une maîtrise de l’environnement afin de l’appréhender plus facilement.

Ainsi, on procédera à une classification d’un individu en fonction de certaines de ses caractéristiques par exemple son type physique et en n’en négligeant d’autres.

Par extension, dans les relations interculturelles, l'appartenance d'un individu à une catégorie conduira à lui attribuer toutes les caractéristiques de cette catégorie, en accentuant surtout celles qui le différencie de l’autre. Par un mécanisme de généralisation, l’individu va cristalliser sur lui l’image (positive ou négative) que l’on a de son pays d’appartenance. Par exemple, pour un Français, les caractéristiques typiques d’un Allemand seront : l'esprit de sérieux, le sens de la discipline, la lourdeur…etc.

Ces perceptions sont influencées par les représentations préalables qui ont tendance à s'auto-valider : on croit voir les gens tels qu'ils sont parce qu'on pense qu'ils sont tels qu'on les voit.

Mais elles proviennent aussi de l'expérience directe, toujours partielle. C’est la raison pour laquelle toute généralisation est sujette à caution. Il s'agit d'une sorte d'illusion « métonymique » qui consiste à prendre la partie pour le tout.  

La perception de « l’étranger » implique donc plusieurs mécanismes :  

  • Un effet de contraste: qui tend à accentuer les différences entre nationalités ;
  • Un effet de stéréotypie: qui conduit à percevoir un étranger à travers des représentations sociales portées par la culture d'appartenance et à les généraliser à tous les ressortissants d'une même nationalité ;
  • Un effet d'assimilation: qui amène à accentuer les ressemblances entre les individus de même nationalité.

B. Les théories explicatives de la genèse des préjugées et des stéréotypes 

Des théories cherchent à expliquer la genèse des préjugés et des stéréotypes chez l'individu ou les groupes.   Celles de J. Dollard ou de T. Adorno s'appuient sur une perspective psychanalytique.

D’autres sur les théories de l'apprentissage social, d’inspiration béhavioriste.

a)   Théories d’inspiration psychanalytique

  • Dollard (1900-1980) chercheur américain en psychologie sociale, connu pour son étude sur les relations inter-ethniques aux États-Unis, et la théorie de la frustration-agression.

Il propose en 1939, une explication pour comprendre la dynamique psychologique qui sous-tend les préjugés.

Son hypothèse est que les préjugés résultent de l'agressivité entraînée par des situations de frustration. Celle-ci créant un état de tension qui, ne pouvant pas se décharger sur l'agent frustrant, tend à se défouler sur un bouc-émissaire.

Ainsi, ce sont souvent les groupes les plus faibles (comme les étrangers) qui sont choisis comme bouc émissaire. On constate que la xénophobie et le racisme augmentent dans les périodes de crise économique et de chômage qui engendrent d'importantes frustrations dans la société.  

  • Adorno (1903-1969) philosophe, sociologue, compositeur et musicologue allemand.

En tant que philosophe, il est avec Herbert Marcuse et Max Horkheimer l'un des principaux représentants de « l'École de Francfort », au sein de laquelle a été élaborée la « Théorie critique ».

En 1950, il met en évidence, sous le terme de "personnalité autoritaire", le type de profil des individus enclins aux préjugés ethniques.

Il montre qu'il s'agit de personnalités rigides, soumises à une éducation sévère.

Ces personnes, ayant dû réprimer leurs tendances agressives à l'égard de leurs parents, les projettent, par la suite, sur des groupes étrangers à leur milieu d’appartenance, tout en manifestant des attitudes de soumission face aux autorités. L'exemple de l'antisémitisme nazi a servi de modèle à la théorie d'Adorno.  

C. Théories de l'apprentissage social, d'inspiration behavioriste

Ces théories considèrent que les préjugés et les stéréotypes sont appris lors du processus de socialisation de l'enfant.

Ce sont les attitudes et les influences des agents de socialisation comme la famille et ensuite l'école, qui jouent un rôle déterminant.

Ces attitudes sont souvent conditionnées elles-mêmes par les images diffusées par les médias.

D. Les fonctions des stéréotypes et des préjugés dans les relations intergroupes  

a)   Trois types de représentations

Pour analyser les fonctions spécifiques des préjugés et des stéréotypes dans les communications entre les groupes, on peut distinguer trois types de représentations :

  • Les représentations induites: qui sont le reflet des interrelations présentes ou passées entre les groupes. Ainsi, les stéréotypes des Français sur les Allemands suivent l’évolution des relations politiques, économiques et culturelles entre les deux pays.  
  • Les représentations justificatrices: qui sont liées à l'observation et l'expérimentation. On constate par exemple, qu'à toutes les époques, les conquérants, les colonisateurs et les oppresseurs ont justifié leur pouvoir par une image dévalorisante des ethnies et des peuples soumis.  
  • Et les représentations anticipatrices: qui préparent, au niveau imaginaire, la situation qu'un groupe veut atteindre ou l'action qu'il souhaite entreprendre. Ainsi dans l'Allemagne nazie, les stéréotypes défavorables à l'égard des Juifs ont précédé et favorisé leurs persécutions. On peut en conclure que les images qui attribuent certaines caractéristiques à un groupe facilitent l'action qui sera entreprise à l'égard de celui-ci.  

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