Le transport maritime - histoire, avantage et chiffres clés

Le transport maritime - histoire, avantage et chiffres clés

I. Ce qu’il faut savoir

Définition d’EVP : il s’agit d’une unité de mesure des navires porte-conteneurs, cela signifie équivalent vingt pieds. Un navire de 12000 EVP peut transporter 12000 conteneurs 20 pieds (ou 6000 conteneurs 40 pieds par exemple).

1. Le transport maritime : histoire, avantage et chiffres clef

Le transport maritime est un moteur essentiel du commerce international. Il faut savoir que 90% des biens produits et consommés dans le monde sont transportés par voie maritime, ce qui représente 10 milliards de tonnes. Ce mode fournit plus d'un tiers des échanges commerciaux entre les États membres de l'Union européenne par exemple.

2. Un peu d’histoire

Des bas-reliefs égyptiens retrouvés dans des fonds marins ont permis de dater les premières expéditions de la marine marchande au vingtième siècle avant J.-C. Selon les historiens, la Crète est la première à posséder une marine marchande. Les Phéniciens commercent avec la Méditerranée occidentale en embarquant à bord de leurs galères des tissus, des perles, des épices de l’Est qu’ils échangent avec l’Espagne...

Les Grecs organisent alors un crédit maritime et un système de lutte contre la fraude en créant un tribunal spécialisé. Puis le commerce s’étend considérablement dans la Méditerranée avec la paix imposée par les Romains à l’Angleterre, l’Afrique et l’Océan Indien.

Au Moyen Âge, la Méditerranée perd de son attrait face au développement des flottes du Nord et de la Baltique. La découverte de nouveaux continents annonce de nouveaux courants de commerce.

Au XVIIIe siècle, la notion de profit de l’exploitation des navires est largement développée. L’excès de production des pays développés d’Europe commence à être exporté par mer, le commerce international est organisé et la montée du colonialisme ne fait qu’accentuer ce phénomène.

L'avènement de la propulsion à vapeur ouvre de nouveaux horizons aux propriétaires qui auparavant dépendaient du vent pour la voile. La régularité du trafic est désormais assurée, les dates d'escales sont connues à l'avance, l’opération des navires est planifiée, organisée et le souci de rentabilité des lignes apparaît.

Les navires ont des capacités de plus en plus grandes, l’espace disponible étant optimisé et ils vont de plus en plus vite.

En 1910, le trafic passager augmente, en particulier vers les États-Unis. Ce marché très lucratif de transport de passagers est en constante augmentation et les entreprises offrent des installations de luxe sur leurs navires dont la renommée devient rapidement mondiale. La notion de ligne régulière apparaît, ainsi que la rentabilité de ces lignes. A cette époque, l’Angleterre possède un tiers de la flotte mondiale.

Après la Seconde Guerre mondiale, les flottes reconstituées subissent la crise des années 70 et se retrouvent en concurrence avec le transport aérien.

Les flottes des pays de l’Est augmentent rapidement. Les navires sous pavillon de complaisance sont en forte croissance et représentent jusqu’à 40% de la flotte mondiale. C’est alors que l’on assiste à une surcapacité. 

Aujourd'hui, le transport maritime est le mode de transport intercontinental le plus courant, mais la concurrence d’autres modes, y compris l'aérien (pour la route intercontinentale) et le rail, est intense.

3. Les règles de l'Europe

En France, le transport maritime est soumis à une réglementation internationale. Toutefois, lorsqu’elle ne peut s’appliquer, les lois nationales des États concernés par le transport deviennent applicables.

En France, les règles principales sont :

- la convention de Bruxelles ou ses protocoles successifs (1924, 1968, 1977)

- la convention de Hambourg (1978)

- les règles de Rotterdam (2008) concernant la porte à porte

- La loi française du 18 juin 1966

4. Les avantages du transport maritime

Les avantages sont les suivants :

  • La massification du transport

La croissance des échanges mondiaux a été facilitée par les possibilité de massification offerte par les progrès techniques par exemple dans le domaine maritime. Les navires sont en effet de plus en plus gigantesques, ce qui facilitent les transports sur longues distances.

  • Le coût

L’expédition d’une marchandise par navire est généralement plus pratique et plus économique que l’expédition par voie aérienne ou terrestre. Très souvent, les frais généraux de fonctionnement et d’entretien d’un navire de fret ont un coût beaucoup moins élevé que les autres formes de transport. Et enfin, le coût de transport unitaire se trouve être moins important car il est redistribué sur un plus grand volume.

  • La sécurité

Le transport maritime a le niveau d’insécurité le plus faible de tous les modes de transport quand on observe le taux d’accidents de marchandises.

  • Le minimum de pollution

La performance énergétique se trouve améliorée car l’utilisation de moyens de transport massifiés permet de réduire l’impact écologique de l’activité. A la tonne kilomètre, c’est le mode de transport qui a le plus faible taux de pollution. Il rejette moins de CO2 que le transport routier par exemple, a moins d’impact sur la pollution sonore et participe à décongestionner le réseau routier sur certaines lignes.

  • La diversité des marchandises transportées

Les navires permettent de transporter des marchandises de toutes tailles et natures. Tandis que les transports terrestres et même le transport aérien sont strictement adaptés à la livraison de grandes quantités de petites marchandises, les navires de fret maritime sont assez polyvalents pour expédier une grande variété de marchandises.

Véhicules, matériel agricole et industriel ainsi que, de vastes quantités de matières premières peuvent être expédiés par voie maritime.

  • La fiabilité

Ce mode offre des garanties de sécurité : des escales régulières sont prévues dans tous les ports du monde.

5. Les trois composantes du transport maritime

On assiste aujourd’hui à une globalisation du commerce. Les marchandises circulent librement, les chaînes d'approvisionnement sont complexes et la concurrence est fondée sur la régularité du temps et des coûts. On observe une augmentation de la production de biens industriels et de biens de consommation.

En conséquence, les produits sont de plus en plus sensibles à la qualité du service.

Les trois composantes du transport maritime sont :

  • Les liaisons maritimes

Elles sont fonction des produits transportés, de la flotte, des conteneurs, de l’organisation

  • Les échange de ports

Cela dépend du type de port et de zone portuaire.

  • Le secteur terrestre

Il faut voir comment sont organisés les liaisons avec la route, le rail et les voies navigables à partir du port en question.

6. Les chiffres clef

Sur les 10 milliards de tonnes transportées par voie maritime dans le monde, 15 % le sont en conteneurs.

L’Asie a toujours un poids important car 20 % des importations mondiales en proviennent et 9 des ports asiatiques sont dans le top 10.

En France on compte 2 tiers d’import et 1 tiers d’export par voie maritime soit 350 millions de tonnes en 2014.

La France compte 43 ports de commerce dont 7 grands ports maritimes qui représentent 74 % du trafic : Marseille, Le Havre, Dunkerque, Nantes Saint Nazaire, Rouen, Bordeaux et La Rochelle.

Au niveau de la flotte, la France compte 289 navires sous pavillon français dont l’âge moyen est de 8,5 ans ce qui est jeune. En 2014 6,65 millions d’EVP ont été transportés (EVP, équivalent vingt pieds – en anglais TEU, Twenty Equivalent Unit, l’unité de mesure d’un porte conteneur, soit un conteneur vingt pied)

Pour l’activité conteneurs, on observe en ce moment un ralentissement de la croissance (en 2015 la croissance était de + 1,1 % et on prévoit = 1,6 % en 2016) et une chute des taux de fret (- 47 % en un an sur la relation Asie-Europe). Mais la capacité de la flotte en termes de conteneurs est en hausse en France avec 6119 porte-conteneurs.

  • Le commerce international maritime

En millions de tonnes chargées, on voit nettement une évolution entre les années 80 et les années 2000 ainsi que la nette progression du transport de conteneurs. Le transport de pétrole et de gaz reste stable tandis que les vracs et les autres marchandises sont en progression constante.

Le trafic mondial par type de marchandises (source : UNCTAD Review of Maritime Transport)

 

Evolution du trafic conteneurs dans le monde entre janvier 2007 et janvier 2016 (source : https://www.wto.org)

 

  • Les vingt principaux pays armateurs (source : UNCTAD)

Ce sont la Grèce (traditionnellement nation maritime), le Japon et la Chine qui arrivent en tête.

On distingue le pavillon national des pavillons étrangers. Les armateurs choisissent d’immatriculer leurs navires à l’étranger, dans un pays où il y aura moins de contraintes en termes de fiscalité, de sécurité du navire ou de droit du travail auquel est soumis l'équipage par exemple. C’est ce que l’on nomme les pavillons de complaisance. Il faut savoir qu’en 2001, 63 % de la flotte mondiale de marine marchande naviguait sous pavillon de complaisance.

 

  • Les 20 premières compagnies de ligne au 1er janvier 2014 (source : UNCTAD)

 

  • La compagnie française CMA CGM

Avec son siège social basé à Marseille, cette compagnie possède une flotte jeune et diversifiée, avec 532 navires. Avec un réseau de 600 agences, elle emploie 29000 personnes dans le monde dont 4500 en France. Elle dessert plus de 420 ports sur les 521 mondiaux.

 

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